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Paire d'innocence

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MessageSujet: Paire d'innocence Jeu 25 Mai - 2:48


Un soir, dans le château des Dragons, un prince s’ennuyait. Le garçon, encore enveloppé dans l’insouciance de sa jeunesse, éprouva alors l’imprudente curiosité de visiter les coins sombres du palais. Il décida de se rendre dans des lieux interdits. Après tout, le domaine des Dragons était si grand. Il était certain qu’il y avait bien des endroits à découvrir qui étaient inconnues du commun des mortels. Et puis, du moment que son ennui était trompé, il lui importait peu de braver les interdictions.

Mais seulement, où chercher ? Où explorer ? Où pourrait-il apercevoir de la nouveauté ? La volerie. C’était la réponse parfaite. Jamais le prince n’y avait mis les pieds. Construite spécialement pour une princesse enfermée et adorée par son père, l’endroit était interdit au reste de la Cour sans qu’elle n’y soit invitée par la fille préférée du Roi. L’endroit était gardé par des soldats, ce qui permettait généralement de dissuader les personnes sans autorisation à pénétrer dans ce lieu rempli de mystère. La volerie était ainsi le symbole des privilèges et de l’injustice entre les enfants royaux. Après tout, combien de princes et princesses étaient en réalité ignorés de leur père ? L’amour que le Roi offrait à ses enfants était bien inégal, et cela provoquait parfois moult jalousies. On observait la Volerie avec envie. On maudissait la plus jeune princesse d’être la privilégiée du Roi, avant de lui sourire avec sincérité en constatant qu’en réalité, la belle et choyée princesse Mahina était à elle seule l’incarnation de la pureté. On la disait sincère et enjouée, calme et splendide… Elle était la perfection de la Cour, celle qui était admirée de tous, même si certains en demeurait jaloux.

Mais ce soir-là, le jeune prince Emrah, petit-fils du Roi, se moquait bien de sa tante à la pureté immaculée. Rares étaient les fois où il l’avait approchée, et il n’éprouvait pour elle ni admiration, ni attachement particulier. Seule la curiosité provoqua son action de s’introduire discrètement au sein de la volerie. Il n’était agité ni par la jalousie, ni par l’envie. Son simple désir de voir chaque recoin de la Terre suffisait aux raisons de son exploration prohibée. Et il s’avançait dans les larges allées du palais, saluait quelques-uns de ses cousins avec un sourire des plus innocents… Nul n’aurait pu se douter à sa sympathique frimousse d’ange que dans sa tête se préparait déjà les plans de son infraction. Au fur et à mesure que l’heure avançait, il se mit à croiser de moins en moins de monde dans les couloirs, et se dit que le moment était venu de tenter sa mise en action.

Le prince du Sud arriva aux abords de la volerie. Le premier obstacle à surmonter se dressa devant lui. La garde royale surveillait encore la porte d’entrée. Mais les gardes sont des hommes, et comme tous hommes ils ont des failles. Emrah les connaissait très bien. Il avait l’habitude de détourner leur vigilance, et cela par plusieurs moyens. Le jeune garçon réussit à pénétrer dans l’enceinte de la volerie. Comment ? La fatigue inhibe souvent l’attention… La nuit, la soirée bien arrosée organisée la veille, l’éveil forcé de la journée et le manque de sommeil, eurent tous ensemble pour effet de les rendre moins attentifs. Ils ne remarquèrent pas la petite silhouette dissimulée par les ombres. Le prince entra dans la volerie.

Et pourtant, la tâche ne fut pas un jeu d’enfant pour le jeune garçon. Les ombres n’ont jamais été son domaine de prédilection. A l’intérieur, il tremblait légèrement en s’avançant dans le noir. Ses yeux aux aguets parcouraient les alentours à la recherche de formes, de couleurs et de lumière. Son courage revint toutefois, quand il distingua plus loin la lueur rassurante d’un éclairage. Tel un papillon de nuit, il suivit le rayon de lumière. Ce n’est qu’ensuite qu’il entendit la voix. Une belle voix, celle d’une femme. Elle chantait une mélodie qu’il ne connaissait pas, douce, touchante, qui le faisait frémir. Les émotions de cette voix, familière et pourtant méconnue à la fois, le traversèrent de toutes parts. Le prince Emrah ressentait ce qu’elle disait, comprenait à la perfection ses intentions. C’était une de ses particularités. La compassion et l’empathie extrême…

Il chercha alors d’où provenait la voix, et se retrouva sans surprise à suivre en réalité la lumière. C’est là que le garçon vit une scène digne des plus grand contes de fée. La jeune femme était présente au milieu des oiseux – dont certains étaient éveillés et d’autres somnolaient – qui ne semblaient pas la craindre. Sa beauté resplendissante s’accordait parfaitement avec leurs plumages. Innocence. C’est ce que le prince pensa. Il se sentit touchée par son aura, se laissa envoûter par sa voix, l’écouta calmement sans oser l’interrompre… Il resta un moment dissimuler par les ombres à observer la lumière dans laquelle était baignée la fille adorée du Roi, sa tante la princesse Mahina.

Alors, avec une drôle de déception, la magie cessa. L’air n’était plus empli des notes envoûtantes, la mélodie s’arrêta. Ne demeuraient que celles de certains oiseaux… Alors, le jeune prince applaudit. Frénétiquement, ses mains tapaient l’une contre l’autre avec enthousiasme. Il s’avança pour rejoindre la lumière en offrant son habituel sourire d’enfant. Mais cette fois-là, il avait aussi quelque chose d’ému dans son regard. Il voulait pleurer, mais ne le montra pas.
Bravo ! C’était splendide, tante Mahina ! Vous chantez tellement bien !
A vrai dire, le garçon avait oublié qu’il était venu ici en secret. Il ne se rendit pas compte qu’il venait de se trahir en se révélant au grand jour. Pas tout de suite du moins. Pour l’instant, il ne faisait que sourire pendant que ses applaudissements cessaient peu à peu. Il observa sa tante avant de réaliser :
Oh ! Vous ne devez sûrement pas savoir qui je suis, ma tante… Beaucoup de gens vous connaissent, mais je suppose que vous ne savez pas l’identité de tout le monde. Je suis le fils de votre frère, le prince Sephtim… Je m’appelle Emrah ! Enchanté !
Il fit une courbette qui n’avait rien de l’élégance des révérences habituelles de la Cour. Peut-être qu’à force de traîner avec le peuple, il fallait croire que ce jeune prince n’avait plus rien à faire de l’étiquette… Ou alors n’avait-il seulement pas bien appris ses manières… Quant au fait qu’il était en réalité un intrus dans cet endroit, il n’y songea toujours pas.
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