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Yoite ▬ Follow the spirits

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MessageSujet: Yoite ▬ Follow the spirits Dim 5 Mar - 16:16


Yoite

« Aime les esprits. Ignore les démons.
Sacrifie ta vie. »


x Généralités

Nom : Inconnu.
Prénom : Yoite.
Surnom : //
Age : Fin de la vingtaine, début de la trentaine…
Genre : Masculin.
Origine : Ouest, probablement…
Groupe : Les Autres.
Profession : Faux prêtre exorciste.
Situation : Célibataire.
Pouvoir : Pacte Spirituel : Yoite est capable de sceller des accords avec les esprits. Il doit néanmoins toujours donné en contrepartie quelque chose qui vient de lui-même… Ça peut être un service, mais aussi un œil, une couleur de cheveux, un sentiment, un souvenir… Les désirs des esprits sont parfois assez abstraits. Et en procédant des pactes avec eux, Yoite perd à chaque fois une part de lui-même.
Avatar : Ginko – Mushishi


Vous sentez-vous bien en Kielorh ?
Oui… Non… Bof.

Avez-vous un avis sur le Roi ?
Je ne le connais pas. Il ne me connait pas. Je n’ai pas à le juger. Et lui non plus.

Et sur les différents Clans ?
Aucun ne vaut mieux qu’un autre. Je les évite la plupart du temps.

Que pensez-vous des Maudits et de leurs conditions de vie ?
C’est compliqué de vivre dans un pays où l’on ne nous accepte pas. Mais je m’y fais personnellement. C’est devenu une habitude.

Est-ce que les esprits vous font peur ? Craignez-vous que les démons reviennent si le Roi n’était plus ?
Les esprits ne m’ont jamais fait peur. Mais c’est vrai que les démons sont parfois difficiles à gérer. Si le Roi mourrait, ce serait problématique pour tout le monde.

Et comment se présente votre foi envers le Ciel et les divinités ? Aimez-vous les dieux ?
J’aime le Ciel, en particulier le dieu Nelos, même s’il n’est pas très correct de le dire ici… Il est celui dont je me sens le plus proche.

D’après vous, y aurait-il des choses à changer dans ce pays ?
Beaucoup de choses. Mais il faut trouver comment les changer. Ce n’est pas aussi simple qu’on le croit, si vous voulez mon avis.


xxx Caractère

x Yoite


Yoite, c’est cette silhouette solitaire qui dénote du paysage… C’est cet homme qui, de son regard impassible et calme, observe le monde d’un air absent et serein. Yoite essaie de se mêler à la foule, mais il n’y arrive pas. C’est peut-être son apparence négligée et nonchalante qui fait qu’on le remarque. De plus, le fait que personne n’arrive à déterminer son âge le rend encore plus atypique. Est-il vieux ou jeune ? Malgré son apparence qui n’a pas l’air de dépasser la trentaine, il semble parfois épuisé par la vie comme un vieux sage. Mais surtout, c’est son œil absent qui attire les regards. Après tout, nul n’est dupe. Derrière sa mèche de cheveux blancs, beaucoup devinent son orbite vide et noire. On l’observe avec dégoût ou compassion. On se dit « Pauvre homme » ou « Répugnant ». Mais Yoite n’entend rien des rumeurs qui planent sur son passage. Il se contente de marcher en ignorant les Hommes.

Yoite ne va pas aborder les autres, ou du moins, il fait le strict nécessaire. Il n’est pas vraiment froid, mais distant. Si on lui parle, il répondra poliment et essaiera de ne pas faire de vagues, toutefois il ne cherche jamais à développer des liens avec l’humanité. A quoi ça lui servirait après tout ? Ceux qu’il rencontre sont si vite effacés de sa mémoire qu’il n’arrive pas devenir proche d’eux. Ce n’est pas de sa faute, comme ce n’est pas celle des Hommes. L’exorciste est seulement incapable de retenir les souvenirs de ses rencontres avec le reste de la foule humaine.

Sa mémoire… Sa part de lui-même la plus défaillante et la plus problématique. Yoite oublie souvent énormément de choses. Et cela à une vitesse affolante. Ce n’est pas comme s’il le voulait, ou même comme s’il était particulièrement tête en l’air. Quelqu’un – quelque chose – lui arrache ses souvenirs pour s’en nourrir. C’est un démon qui les lui vole, mais en retour celui-ci protège l’exorciste des personnes malveillantes. Yoite est plus que conscient de sa mémoire défaillante. Elle est la conséquence des termes d’un contrat, d’un pacte qu’il a conclu avec cet esprit dévoreur de souvenirs. Ainsi, les personnes qu’il croise sont les premières victimes de ses pertes de mémoire, viennent ensuite certains paysages de ses longs voyages, en particulier ceux de son enfance… Regrette-t-il ou non ces oublis ? Lui-même ne sait que répondre à cette question. Par moment oui, par moment non. D’autres fois encore, il aimerait que certaines images gravées de son passé disparaissent… Car il y a bien une chose que Yoite n’oublie pas (en dehors des esprits qu’il croise). Ce sont les personnes pour qui il a éprouvé un lien fort et sincère. Mais peu sont ces personnes aujourd’hui… Yoite continue d’accepter de sacrifier ses souvenirs en échange d’une protection. C’est pourquoi il oublie, éternellement…

Yoite est un être solitaire. Il est condamné à vivre seul, et cela fait longtemps qu’il a accepté cette solitude. Mais contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’exorciste ne hait pas les Hommes. Certes, il est distant, parfois méfiant, et peut-être un peu trop impassible… Mais il n’a jamais voulu du mal ou penser de mauvaises choses à propos des personnes qui l’entourent. Au contraire, il pense même protéger les autres en ne les abordant que pour le nécessaire. Après tout, il est dangereux de fréquenter un Maudit entouré d’esprits et de démons…

Ah, les esprits… Depuis qu’il est enfant, Yoite les aime pour une inexplicable raison. Il les a toujours considérés comme ses égaux. S’il n’a pas su se rapprocher des Hommes, il a au moins été capable de se faire pour amis ces êtres surnaturels. Toutefois, le faux prêtre est conscient de la dangerosité de certains. Même s’il respecte tous les esprits de manière égale, il sait très bien que les démons lui sont néfastes. Certes, les esprits sont ses compagnons de voyage, ses protecteurs, mais ils sont aussi son poison. Après tout, comment pensez-vous que Yoite ait réussi à être lié avec autant d’esprits ? Les pactes spirituels qu’il conclut avec eux n’y sont pas pour rien. Chaque contrat lui a coûté une part de lui-même et continue aujourd’hui de lui arracher une partie de son existence. Ça a commencé par son œil, puis ça a continué par sa mémoire, et ça se terminera par sa mort. Mais Yoite ne s’apitoie pas sur son funeste destin. Après tout, il est le seul et unique à avoir décidé de ces pactes. Il n’a pas le choix que d’assumer les conséquences de ses actes.

Mais même s’ils dévorent sa vie, les esprits sont essentiels à Yoite. Ils sont sa part de réconfort. Après tout, s’il peine à se souvenir des Hommes, il se rappelle toujours des êtres surnaturels. Grâce à eux, il a pu se faire passer pour un prêtre exorciste et avoir un métier, il est protégé des Ours et de leurs intentions malveillantes, mais surtout il se sent moins seul. Qui sait ce qu’il serait devenu si les esprits n’avaient pas été là ? Une chose est sûre, Yoite ne voudrait jamais se séparer d’eux…


xxx Histoire

x Ténèbres

R-16:
 

Je suis né dans un hurlement de douleur. J’ai arraché une partie de ma mère en naissant, quelque chose de précieux qu’elle ne retrouvera jamais. Je ne sais pas si elle m’a pour autant détesté quand j’ai été pour la première fois dans ses bras, alors que je lui avais causé tant de souffrance. Je ne sais pas non plus si elle m’a aimé dès le premier regard. Mais elle m’a aimé. J’en suis certain. Ne serait-ce que pendant un court instant, elle m’a serré contre elle avec douceur. J’aurai tant aimé qu’elle m’enlace plus longtemps…

x Lumière


L’esprit donateur. C’est ce qui brisa notre étreinte. Il s’est introduit subrepticement en moi, sans que personne ne s’en rende compte. J’ai entendu sa voix, discrète, presque imperceptible dans mon esprit… Même si je n’étais qu’un nouveau-né, je sais que je le compris par je ne sais quelle magie. Il me remerciait, me demandait de vivre, et ajoutait que si je mourrai, il s’éteindrait avec moi… Toutefois, il ne fallut pas longtemps pour que ce murmure s’évaporât de ma mémoire. Après tout, je n’étais qu’un enfant dans les bras de sa mère. Mes souvenirs de cette époque ne sont que songes et sommeil…

Ma mère. Continuons de parler de ma mère… Dérangée, disaient les voisins. Une pauvre fille qui s’est perdu en chemin. Elle était jeune, peut-être trop. Mais surtout, elle était seule. Je ne l’aidais guère à aller mieux. Depuis le début de mon enfance, je voyais que je ne faisais que la rendre confuse. Si je ne sais pas si elle me haïssait, je ne sais pas non plus si elle m’aimait. Je constatais simplement sa manière d’agir devant moi, hésitante et maladroite, son regard vacillant entre tendresse et dégoût.

Ma mère travaillait beaucoup, à des heures où une personne aux activités normales dormait déjà. Quand elle rentrait le matin, l’œil vitreux et le pas chancelant, elle me réveillait souvent. Je manifestais alors mon mécontentement de ne pas avoir toutes mes heures de sommeil en pleurant. Après tout, je n’étais encore qu’un enfant. J’avais du mal à m’exprimer autrement que par mes pleurs. J’étais ce genre de garçon, qui ne parlait pas souvent, mais qui pleurnichait beaucoup. Ma mère trouvait cela insupportable. Elle n’a jamais essayé de me consoler, et ne faisait que hurler davantage. Cela durait plusieurs minutes, puis soudain, un semblant de lucidité passait à travers son regard. Elle observait la scène avec un air perdu et confus. Elle détaillait mon visage larmoyant comme si elle ne savait plus ce qu’elle faisait. Puis c’était elle qui commençait à pleurer. Ma mère, avec une attitude pathétique, se penchait alors sur moi pour m’enlacer et m’embrasser. Elle s’excusait en sanglotant, comme si c’était elle, l’enfant. Ensuite, épuisée par ses pleurs, elle s’endormait en même temps que le levé du jour, car c’était une femme qui s’était enfermée dans la nuit, qui s’y était perdue pour toujours.

x Innocence


C’était la voisine qui s’occupait de moi. Elle ne faisait pas ça par simple gentillesse, mais par contrainte. Elle avait peur de se sentir coupable si elle m’abandonnait avec cette mère irresponsable. De plus, ce n’était pas du bénévolat. Ma mère lui donnait de temps en temps un peu d’argent quand elle en avait. Plus tard, j’oublierai le nom de cette fameuse voisine. La seule image que je garderai d’elle est son expression remplie d’une rage accusatrice. Mais pour l’instant, elle ne me détestait pas encore. Elle se comporta avec moi avec bienveillance et douceur. J’avais presque l’âge de son fils après tout. Elle voulait me protéger autant que lui.

Son fils… Etrangement, je me rappelle tout de lui. De son visage, de son histoire, de mon lien à lui, de son nom… J’ignore pourquoi je ne l’ai pas oublié. Mais une chose est sûre, mon souvenir de cet enfant ne s’effacera jamais. Il s’appelait Jun, et il était mon aîné de quelques années. Je l’aimais bien, il m’aimait bien aussi. Il me montrait beaucoup de choses, et m’en ordonnait beaucoup également. Que voulez-vous, c’est la règle de la hiérarchie des âges. Les aînés montrent l’exemple aux benjamins, et les benjamins servent les aînés. Lorsque nous jouions, j’étais l’écuyer et il était le chevalier. Il était le maître, et moi l’élève. Il disait, j’appliquais. Mais étrangement, je ne sais pourquoi, mais je ne peux pas dire que je le considérais comme mon frère. Un camarade de jeu, oui. Un modèle, aussi. Mais pas un frère. C’était peut-être plus, c’était peut-être moins. Je ne le saurai jamais.

x Premiers soupçons


A cette époque, personne ne savait. Moi non plus, je ne savais pas. Ce n’était pas de ma faute, j’avais oublié, comme j’oublierai des tas d’autres choses plus tard. Le temps qui passe et les souvenirs qui s’effacent ne me seront que des choses bien familières lors d’un autre moment de mon histoire… Mais bref, nous parlerons de cela bien assez tôt…

Il est étrange que personne n’ait rien soupçonné de ma véritable nature. Il est vrai qu’au début, c’était presque imperceptible. Mais avec du recul, je me dis que les autres auraient dû s’en rendre compte, ou du moins, s’en douter. Peut-être que certains faisaient semblant de ne pas le voir. Par lâcheté peut-être. Ou alors ne mesuraient-ils pas les dangers que ma différence pouvait engendrer. Et pourtant, il y a eu plusieurs signes avant-coureurs au fil de mon histoire.

Ma première particularité, tout le monde avait au moins pu la constater quand je n’étais encore qu’un petit garçon. J’aimais – j’aime toujours – les esprits. Pour une raison inconnue, je me sentais attiré par les êtres surnaturels. Enfant déjà, j’adorais leur parler, apprendre leurs noms, leurs histoires, leurs particularités… En dehors de Jun, les esprits étaient mes partenaires de jeu préférés quand je m’aventurais à l’orée de la forêt. A l’époque, je n’avais jamais rencontré de démon. Il faut dire qu’ils sont rares, grâce aux pouvoirs du Roi probablement. Je ne pensais pas en croiser un jour. Je vivais donc dans l’insouciance et l’inconscience, et côtoyais de nombreux esprits pour lesquels je me passionnais et me liais d’amitié.

Jun me disait que c’était étrange, que je devais arrêter ce genre de comportement. C’est la seule chose à laquelle je ne lui ai pas obéi. Sa mère riait, elle répliquait alors que ce n’était pas grave, qu’au contraire, il était bien que je sois curieux. Elle pensait que j’allais sûrement devenir exorciste en grandissant, ou alors spécialiste des phénomènes surnaturels… Je ne peux qu’affirmer à quel point elle avait raison. Toutefois, je ne sais pas comment elle a fait pour rester aussi longtemps aveugle à mon égard…

x Deuxièmes soupçons


C’est plus tard qu’apparut la deuxième constatation, lorsque j’approchai ma septième année d’existence ; non seulement j’aimais, mais j’attirais les esprits. Peut-être qu’à force de les côtoyer, certains se sont attachés à moi. Beaucoup me suivaient, et quand je n’étais pas là, me cherchaient pour jouer avec l’enfant que j’étais. Par conséquent, j’étais presque tout le temps accompagné d’au moins un ou deux esprits. Certains d’entre eux avaient aussi entendu parler de moi, et étaient curieux de voir à quoi ressemblait ce petit humain qui s’intéressait aux êtres surnaturels.

C’est d’ailleurs à partir de cette période que certaines personnes eurent le courage de m’éviter sans m’en dire la raison. Un enfant qui était ami avec les esprits, c’était déjà mauvais présage. Si en plus il les attirait, c’était le signe éminent d’une malédiction. Je ne comprenais pas pourquoi certains adultes me tournaient le dos. Enfin, la plupart des gens ne crurent pas en ces superstitions et restèrent aveugles. C’était le cas de la mère de Jun. Pour elle, il était normal, si je jouais sans cesse avec eux, que les esprits m’entourent…

Quant à Jun, je le voyais moins serein que sa mère. Toutefois, il ne fit pas partie des gens qui m’abandonnèrent. Il n’a jamais voulu m’abandonné. Mais je le sentais de plus en plus inquiet, comme si une menace flottait au-dessus de moi lorsque je l’approchais. Il me regardait parfois sérieusement, trop sérieusement par rapport à ce dont j’avais l’habitude. Je lui demandais alors ce qui n’allait pas. Il se contentait de me répondre qu’il ne savait pas non plus… J’aurai tellement aimé comprendre plus tôt ce qui l’effrayait tant…

x Ignorance

Ma mère était inconsciente. Elle était éternellement dans cet état second, fatiguée par la nuit, par ses vices, par ses cauchemars du jour, ses réminiscences dévastatrices. Elle n’était au courant de rien de ce qui se passait la journée. Elle vivait la nuit, elle agonisait la nuit. Le soleil agissait comme un somnifère. Elle s’endormait avec lui dès qu’il apparaissait. Ma mère fuyait toujours la journée. Ou plutôt, elle fuyait la réalité. Peur de faire face à ses responsabilités, aux regards réprobateurs qu’on portait sur elle… La nuit ne la jugeait pas. Elle ne faisait que l’enivrer et l’emprisonner davantage.

Pourtant, il y avait une chose qu’elle ne pouvait pas fuir. Et c’était moi, cet étrange enfant qu’elle n’avait pas voulu, mais qu’elle avait décidé de garder et d’élever. Regrettait-elle son choix ? Je me le demande toujours. Il y avait pourtant bien des moments où elle me montrait de la tendresse… Des soirs où elle n’avait pas l’alcool triste, que son esprit était encore à peu près clair, qu’elle avait fait une bonne affaire. Elle se couchait près de moi, son rire léger et attendri me réveillait. Elle me serrait alors contre elle en me murmurant des mots tendres et affectueux. Ses bras me serraient fort, si fort, que je pouvais si facilement sentir sa douceur… Mais j’avais aussi l’impression qu’elle essayait de m’étouffer dans sa chaleur, de me faire suffoquer jusqu’à ce que je n’ai plus d’oxygène, pour que je m’endorme ainsi avec elle, à jamais.

Ma mère ne faisait pas attention aux esprits. Elle ne les remarquait même pas et ignorait les diverses créatures qui affluaient près de moi… Elle était donc incapable de me soupçonner. Pourtant, entre l’amour et la haine qu’elle éprouvait sans doute pour moi, je sentais aussi de la méfiance. Pourquoi ? Comment ? Je ne saurai l’expliquer. Peut-être était-ce son ton maladroit, son regard fuyant et ses tics nerveux qui me faisaient penser cela… D’autres m’auraient dit qu’il s’agissait seulement de gêne, qu’elle ne savait simplement pas comment se comporter avec moi. Sans doute était-ce vrai, mais j’avais l’impression qu’il y avait bien plus que cela… Quand j’y pense, seuls ceux qui m’observaient vraiment, comme Jun ou ma mère, étaient capables de voir ce qui était vraiment à l’intérieur de moi.

x Derniers soupçons


C’était l’heure du crépuscule, à l’orée de la forêt. Comme beaucoup d’autres soirs, je jouais avec Jun entre les arbres. Des esprits avaient été attirés par ma présence, ils s’étaient joints à nous et notre jeu. Mais l’heure avançait, Jun me pressait de rentrer. Il était inquiet que la nuit tombe, pourtant je voulais continuer à m’amuser. Mon aîné avait fini par céder. Il disait qu’il ne pouvait pas abandonner plus petit que lui tout seul dans la forêt, même si à l’époque, je connaissais déjà assez bien l’endroit pour rentrer seul chez moi. Mais celui qui aurait dû rentrer seul sans attendre l’autre ce soir-là, ce n’était pas moi…

J’ai fait preuve d’imprudence. Nous avons joué longtemps, assez longtemps pour qu’il fasse complètement noir. Je n’ai pas fait attention, je n’ai pas senti le démon, sa malveillance, son désir de sang et de destruction. Les ténèbres se sont approchés et ont recouvert le bois. Nous étions pris au piège avant même de réaliser qu’un danger nous guettait. Il était bien trop tard quand je le compris.

Le démon me fit soudain face et riait en voyant mes yeux apeurés. C’était moi qui l’avais attiré. Et maintenant qu’il m’avait vu, moi la fameuse énergumène qui aimait les esprits, c’était moi qu’il s’apprêtait à dévorer. Pourtant, ce n’est pas moi qu’il a tué. Jun, c’est Jun qu’il a pris comme substitut. Jun qui, dans un acte d’héroïsme inconsidéré et irréfléchi, s’était interposé. Jun qui réalisa trop tard le danger. Jun qui se fit happé, aspiré, engloutir tout entier. La dernière image que j’eue de lui fut son visage terrifié. Du sang se répandit sur le sol. Il gicla sur mes vêtements et me pétrifia en un instant.

L’horreur me paralysait. Aucun de mes membres ne m’obéissait. Je ne parvenais même pas à hurler, beaucoup trop tétanisé. Seules des larmes débordaient de mes yeux sans que je ne puisse les contrôler. Le reste de mon corps s’était quant à lui figé. Car je venais de voir une des personnes qui me tenaient le plus à cœur disparaître. Car je savais que même si je bougeais, j’allais mourir. Je pensais que j’allais finir ma vie ainsi, dans ma totale paralysie. Et pourtant, je suis encore vivant aujourd’hui…

Un hurlement. C’est ce qui me sortit de ma torpeur. Il ne provenait pas de l’extérieur, mais de l’intérieur, de ma tête, et de ma tête seulement. Ce n’était pourtant pas ma voix que j’ai discerné, mais une autre, que j’avais déjà entendu quelques jours après ma naissance. Vis ! C’est ce que m’ordonna la voix en sentant le danger mortel. Utilise le don que je t’ai offert, et vis !
Soudain, quelque chose s’éveilla en moi. Un pouvoir caché qui m’était inconnu jusque-là. Mon corps put à nouveau se mouvoir, mais c’était comme si ce je ne le contrôlais pas. Un instinct de survie me dictait les étapes à suivre. J’ai regardé le démon droit dans les yeux, essayant de ne plus trembler. Ma voix finit par sortir de ma gorge, sur une tonalité que je n’avais jamais utilisée auparavant, elle ordonna :
Scellons un contrat.

Voilà, la dernière constatation. Révélatrice et irrévocable. Je compris enfin : j’étais possédé par l’esprit donateur.

x Douleur


J’étais encore jeune et inexpérimenté. Même si mon instinct de survie agissait, j’ai cédé à la panique. Je ne pus sauver la vie de Jun, mais la mienne ne fut pas épargnée pour autant. Le démon se riait de moi. Pourquoi voudrait-il sceller un contrat s’il ne pouvait pas se rassasier de chair et de sang en me dévorant ? Il voulait mon âme, et je lui ai donné. Pas pour tout de suite, mais pour les prémices de ma véritable mort. En attendant, il devait me laisser un sursis et obéir à mes ordres. Mais ça ne lui suffisait pas. Il voulait une garantie, quelque chose qui maintiendrait sa faim le temps que je meurs. Il a tendu son bras vers mon œil gauche. Je l’ai senti s’en saisir et l’arracher de son orbite. Mon hurlement de douleur déchira l’air. Je finis par m’effondrer au milieu des ténèbres. Cet œil, je l’ai perdu dans la souffrance, en même temps que mille autres choses bien plus précieuses encore…

***

Les images s’embrouillent, je ne suis plus sûr de ce qu’il s’est passé ensuite. Comment suis-je parvenu à rentrer ? M’a-t-on trouvé et ramené ? Je crois que c’est cela. Une rumeur angoissée m’entourait quand je me suis réveillé. Je ne parvenais pas à distinguer clairement ce qui se disait. Parmi la foule je reconnus la voix de la mère de Jun. Lorsqu’on vit que je me redressai lentement, on me demanda d’où provenait le sang sur mes vêtements, alors qu’étrangement mon œil absent n’en laissait pas tomber une goutte. Mon esprit se trouvait dans un brouillard. J’avais du mal à comprendre ce qu’il m’arrivait. Pourtant, j’entendis ma propre voix prononcer et répondre faiblement :
Jun…
La rumeur cessa, prise d’effroi. Seule la mère brisa le silence en poussant un cri. Elle se précipita sur moi, me secoua violement en me traitant de menteur, puis d’assassin. Elle faillit bien m’étrangler dans sa rage et son désespoir. On finit par la retenir, l’éloigner de moi. Ses yeux emplis de haine et de chagrin, je les distingue encore très bien.
Tous autour de moi avaient les yeux grands ouverts. Ils m’observaient comme s’ils me voyaient pour la première fois, avec méfiance, stupéfaction, peur, inquiétude, et colère pour certains. La rumeur reprit, un mot se distingua parmi les autres.
Maudit… maudit… maudit…
Ce n’est qu’à partir de ce moment que je vis ma propre mère dans la pièce. Comme les autres, ses yeux me regardaient. Pourtant, je ne perçus en eux aucune des émotions alentour. Elle n’était ni surprise, ni effrayée. Elle me regardait simplement avec une expression que je n’arrivais pas à déchiffrer. Puis elle se leva, se détourna de moi et sortit de la salle. Ce jour-là, ma mère m’abandonna. Je l’ai interprété ainsi du moins.

Une douleur intense traversa ma poitrine. Soudain, je sentais mon corps se recroqueviller, se briser en réalisant ce qu’il s’était passé. Je voulus hurler, mais ma gorge restait éternellement serrée. Une voix se fit alors entendre dans ma tête. Ce n’était pas l’esprit donateur cette fois, mais le démon. Je repérai sa silhouette dissimulée dans l’ombre d’une porte, alors que personne ne le remarquait. Seul moi semblais s’apercevoir sa présence. Sa voix murmura narquoisement dans mon esprit. Que t’arrive-t-il, mon nouveau maître ? Souffres-tu ? Je peux abréger tes souffrances tout de suite si tu le désires… Une larme s’échappa de mon œil. Je serrais les dents.
Ne tue plus jamais.

x Rejet


Que s’est-il passé ensuite ? Encore une fois, je ne m’en souviens plus… On m’a chassé, sans doute. Je sais que je me suis retrouvé seul, mais je ne sais plus comment. Ça ne s’est pas fait d’un coup, mais progressivement. Le temps qu’on réalise ce que j’étais, qu’un démon me poursuivais, que je maudissais tout ce que je touchais… C’était ce qu’il se disait, du moins. Au début, si ces dires ne faisaient que partis de la rumeur, bientôt, ils devinrent des certitudes aux yeux des autres. Ma malédiction avait déjà tué l’un des leurs… Qu’est-ce qui leur disait que ça ne se reproduirait pas à nouveau ? Ils devaient me chasser, me faire disparaître, ou m’éliminer. Je ne sais plus si c’est moi qui ai fui, ou si c’est eux qui m’ont jeté des pierres pour que je m’en aille. Mon foyer m’avait rejeté. Mais étais-je un seul jour chez moi là-bas ? C’est une question qui ne se pose même pas…

***

Me voilà donc, seul et errant, orphelin dans une ville inconnue. Je n’étais alors qu’un enfant. Mes souvenirs de ce qu’il s’était passé auparavant me hantaient. Je revoyais la Mort et le rejet, ma mère qui me fixait, puis se détournait. Mes cauchemars m’empêchaient de dormir et de me reposer. Mais ils ne furent pas les seuls à me troubler.

Le démon. Le fameux démon s’était retrouvé empli d’une colère immense. Le pacte que j’avais scellé avec lui l’obligeait à ne jamais me désobéir. Je lui avais interdit de tuer, et sa soif de sang le rongeait plus que jamais. Il voulut me trahir, me dévorer avant le moment convenu. Il ne réussit pas. Les contrats sont inviolables, c’est ce qui fait la force de mes pactes. Il devait accepter son sort jusqu’à ce que la mort m’emmène. Il prit son mal en patience. Après tout, j’étais déjà faible, manquant de sommeil et de repas. J’étais devenu un mendiant affamé parmi tant d’autres. Comme beaucoup, la faim me tiraillait le ventre. Les autres me trouvaient répugnant avec mon œil absent. Ou alors, on ignorait ma misère. Le démon quant à lui se délecta de mon agonie, agité par une impatience malsaine de me voir mourir.

x Charité


Seulement, je survécus. On m’a sauvé. Je ne sais pas pourquoi on l’a fait mais quelqu’un, de sage ou d’insensé, s’est penché sur moi. Je me souviens encore de ses yeux pris de pitié en m’observant, de ses allés et venus hésitants à venir à ma rencontre pendant que je dépérissais. Et un jour, il s’est avancé vers moi, m’a demandé mon nom, et a fini par me tendre sa main avec bienveillance. Son regard sincère et bon lui fit gagner ma confiance. Je l’ai prise sans hésitation. Je ne voulais plus être seul.

Il ne me posa pas beaucoup de questions, hormis mon nom et mon âge. Il ne me demanda même pas pourquoi il me manquait un œil, ni d’où je venais. Je crois qu’il avait deviné que je ne voulais pas en parler. J’étais peu bavard, et lui était tout aussi taciturne que moi. Son attitude était toujours sereine et calme. Rares sont les fois où je l’ai vu en colère. Mais il n’échangeait pas beaucoup avec le reste des Hommes. Je compris qu’il était habituellement un être solitaire. Et pourtant, il m’avait recueilli sans que j’en connaisse la raison. Il me sortit de la rue, nous quittâmes la ville pour nous diriger vers les montagnes. Là-bas, dans un sanctuaire isolé dédié au Ciel, il s’occupa de moi, me nourrit, m’offrit de nouveaux vêtements et un lit… Je n’avais jamais été aussi gâté et choyé qu’à cette période de ma vie. L’homme me faisait preuve d’une bienveillance particulière que je n’avais jamais connue auparavant. Bientôt, je le considérai comme mon sauveur.

L’homme était jeune. Anormalement jeune au vu de sa sagesse et de son expérience. Il était prêtre et appartenait au Clan du Dragon. Comme d’autres, il s’était toutefois détaché de la Cour et avait préféré vivre en ermite, reclus des fastes et de la richesse. Il pouvait ainsi, disait-il, mieux adonner sa foi au Ciel. Il m’apprit comment prier les dieux, ainsi qu’à tous les aimer de la même manière. Pourtant, je ne pouvais m’empêcher d’avoir un plus grand respect pour Nelos, dieu des esprits. Il me sermonna parfois à ce sujet. Aucune divinité ne devait être privilégiée par rapport aux autres, pensait-il.

Etrangement, pendant cette période, le démon se tut. Je sentais parfois sa présence toujours courroucée qui hantait mes nuits, pourtant, il ne me parlait plus. Ça m’arrangeait. A vrai dire, j’avais peur que le prêtre découvre que j’étais un Maudit. Je ne voulais pas encore une fois me faire rejeter. Pourtant un jour, sans que je ne puisse cacher quoi que ce soit, c’est lui qui me demanda :
Tu es possédé, n’est-ce pas ?
Je ne répondis pas. Je ne pouvais pas lui mentir et ne voulais pas le faire. Je sentais seulement mes membres légèrement tremblés. Il soupira en voyant mon angoisse. Pourtant, sa voix était chaleureuse, presque douce lorsqu’il tapota légèrement ma tête avec bienveillance.
Ne t’inquiète pas, Yoite… Même si tu es Maudit, tu restes humain. Ce n’est pas tant une malédiction qui est en toi…
Le contact de sa main me rassura aussitôt. Je compris qu’il ne m’abandonnerait pas. Jamais. Je l’espérais et en étais devenu certain.

***

Plusieurs mois passèrent, puis des années… Je grandis, devint adolescent, puis presque adulte. Plus le temps avançait, plus mon esprit devenait serein. Durant toutes ces années, le prêtre ne cessait de m’inculquer son calme et sa sagesse, du moins il le fit du mieux qu’il le put. Il ne vieillissait pas, restait toujours jeune, son visage et sa santé figée dans le temps. Toutefois un soir, après ses prières habituelles, il s’assit en face de moi, et m’annonça sa mort.

J’étais stupéfait face à son présage. Son expression placide ne me fit pas réaliser l’ampleur de son annonce. Pas tout de suite du moins. De plus, je ne voulais pas y croire. Je savais qu’il était plus vieux qu’il ne le laissait paraître, mais je n’avais jamais envisagé qu’il puisse mourir avant moi. Pourtant, c’est ce qu’il m’expliqua, toujours calmement, comme s’il ne craignait pas la Mort. Et pendant que je l’écoutais, interdit, il me demanda seulement de quitter la montagne.
Pars, explore le monde et vis… Tu es trop jeune pour rester seul, Yoite. Quand tu auras réellement trouvé la paix, tu pourras revenir ici… Je t’accueillerai à bras ouverts.
Il tapota ma tête, geste qu’il avait pourtant arrêté de faire depuis que j’étais devenu adolescent. Il me sourit, puis murmura que je devais accepter le cours du destin. Sa sérénité face à la Mort, j’aurais tant aimé l’avoir…

x Bribes


Une nouvelle errance. Des souvenirs chéris et gardés. Une belle sépulture et des prières ardentes. Le deuil d’un être cher. Le prêtre est mort. Adieu.

Pour tromper sa solitude, le Maudit se cherche des amis. Il les trouve, comme durant son enfance, parmi les esprits. Il scelle des pactes avec eux, affine son expérience et ses connaissances sur son pouvoir. Mais un démon se remet à le troubler inlassablement, et se plait à mettre en doute ses espoirs.

Un voyage commence et se prolonge. Le Maudit rencontre des personnes et se dit prêtre. Il utilise le peu d’enseignement de son presque père pour se faire passer comme tel. Il fait des pactes à la place des rituels au Ciel, parle de lui comme un expert en conjuration et exorcisme. Il fait payer ses services à des tarifs moindres. Il disparait ensuite, vagabonde toujours vers d’autres endroits, et perd souvent son chemin.

L’Ours l’a démasqué. L’Ours sait qu’il est un menteur, et il veut lui ôter sa liberté. Le Maudit a peur. Il ne veut pas qu’on l’emprisonne, qu’on le traite à nouveau comme un malpropre. Le Maudit est seul. Il ne pourra pas se défendre. Les ténèbres ont remplacé le jour. Libère-moi. Ordonne, et je te protègerai. Le Maudit a peur. Il s’affole, il ordonne. Le Démon se révèle, ravi de l’ordre de son maître. Il s’en prend à l’Ours et répand son sang. Le Maudit entend. Des cris de douleurs, un craquement sinistre. L’Ours n’est pas mort. Le démon laisse son enveloppe paralysée pour l’éternité au sol. Le Maudit a peur. Tu m’as ordonné de ne pas tuer. Le Maudit voit. L’Ours désarticulé comme un pantin. Dans ses yeux, il ne décèle plus une lueur d’âme. Le Maudit pleure. Il tombe à genoux en demandant pardon. L’Ours n’est pas mort. Il respire et vit encore. Seulement, c’est son esprit qui s’est éteint.

La forêt est dense. Ses habitants sont pris d’amnésie sans en connaître la raison. Le Maudit s’avance. Il explore chaque recoin de la forêt, les yeux plein d’espoir. Que cherches-tu, mon adoré maître ? Le Maudit ne répond pas. Maître, tu m’appelleras, n’est-ce pas ? Il faudra que tu m’appelles, si tu es en danger… Je répandrai le sang de tes ennemis. C’est pour ton bien, maître. Tu ne veux pas être tué, n’est-ce pas ?
Tais-toi.
Le Maudit n’a pas pu empêcher sa voix de crier. Il baisse les yeux et serre les poings.
… Tu es celui qui veut ma mort. N’essaie pas de me tromper. Bientôt, je n’aurai plus besoin de toi…
Quelques pas, et soudain, ce qu’il cherchait tant apparaît par miracle. Un autre démon surgit d’entre les arbres. Mais cette fois, le Maudit ne se laisse pas surprendre. Sans peur ni hésitation, il s’avance vers lui et tonne d’une voix claire et calme.
Toi ! Le Dévoreur de souvenirs ! Scellons un contrat !

x Le Nouveau Démon


L’esprit s’avance, intrigué par l’humain. Energumènes comme lui, on n’en rencontrait aucun. Que veux-tu ?
Que les autres m’oublient si je te le demande. Obéis à mes ordres.
Qu’as-tu en échange ?
Mes souvenirs. Tant que tu n’affectes pas mon intelligence et mes capacités. Je ne veux pas oublier de parler ou de marcher.
Le Dévoreur s’approche alors davantage, intéressé. Il s’approche, s’approche, s’approche encore et effleure la mémoire de l’humain. Il voit, tant de souvenirs variés, entremêlés, heureux et douloureux. Tous lui semblent si alléchants et délicieux… La gourmandise l’attire. Son appétit intarissable lui fait dire :
Très bien. Mais si tu veux que les autres t’oublient, il faudra que tu oublies les autres… Je te volerai les souvenirs de leur existence.
L’humain hoche la tête. Il savait que les sacrifices seraient grands. Il scelle le pacte.

Alors, l’humain oublie. Plusieurs noms, visages, rencontres s’effacent. Adieu anciens voisins. Adieu mère de Jun. Adieu l’Ours. Restent dans sa mémoire seuls ceux que son esprit ne veut jamais oublier…


x Epilogue


Par où commencer… Je ne me souviens pas de tout. J’ai oublié, volontairement peut-être. J’ai échangé mes souvenirs contre les services d’un esprit. Je ne me souviens plus des visages de mon passé ; ceux de mes anciens voisins, des gens que j’ai croisé. Je ne sais pas où j’ai grandi dans ma petite enfance, ni comment je me suis retrouvé à errer seul. Pourtant, il y a des choses qui ne se sont pas effacées. Des souvenirs heureux ou malheureux, plusieurs choses que j’aurai préférées oublier…


x Derrière l’écran

Pseudo : Mimoon ! Sinon, Emily c’est très bien aussi.
Age : 17 ans, bientôt 18 zfujerighzei D8
Genre : J’suis une mademoiselle, héhéhé /o/
Comment es-tu arrivé par ici ? C’est mon bébé ♥
Des suggestions, un avis ? Du peuple, du peuple ! Veneeeeez en nos basses contrées, hihihi c:
Autre chose à ajouter ? Longue vie au forum 8DDD !

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